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Sous-traitance : Fernando Capellan est pour l’augmentation du salaire minimum

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Fernando Capellan, P.D.G. de Grupo M, propriétaire de CODEVI, le deuxième plus grand employeur dans le textile en Haïti, a tenu à placer son mot dans la crise qui secoue actuellement le secteur de la sous-traitance et qui s’enlise malgré l’installation des membres du Conseil supérieur des salaires (CSS). Pour le patron dominicain, installé à Ouanaminthe depuis le début des années 2000, il ne fait aucun doute que le salaire minimum doit être revu à la hausse.

Des ouvriers n’ont pas regagné leurs machines lundi dernier. Ils ont, pour une énième fois, foulé le macadam pour exiger l’augmentation du salaire minimum à 800 gourdes, en adéquation avec la cherté de la vie, et de meilleures conditions de travail. Ils étaient plusieurs centaines à gagner les rues de la capitale pour faire entendre leurs voix. Dans ce dialogue de sourds, Fernando Capellan appelle à la retenue et au dialogue. « Le pays ne peut pas faire passer ses revendications à travers des mouvements de grève. Le CSS est l’institution appelée à régir les salaires comme cela se fait partout à travers le monde. C’est un mécanisme, une alternative pour arbitrer les conflits à travers le dialogue », souligne le patron de Codevi. « Dialoguer et ajuster le salaire comme il se doit sont justes car il y a hausse de l’inflation. Il doit être ajusté […] Non pas à travers une pression qui n’est pas logique », déclare Capellan, tentant de calmer le jeu tout en indiquant que le CSS est l’alternative la plus effective. L’homme d’affaires n’a pas manqué de resouligner le potentiel d’Haïti non seulement pour l’industrie textile mais aussi pour l’industrie des chaussures, de l’assemblage des jouets, des produits médicaux, des meubles. Les opportunités de création d’emplois ici existent toujours de par la localisation d’Haïti, les conditions de la législation Help/Hope, de sa population laborieuse, qui apprend facilement et qui est disposée à travailler. Le pays doit être en paix, estime Fernando Capellan, c’est l’unique condition pour que tous ces emplois puissent être créés effectivement. Entre-temps, six patrons du secteur textile, constatant que leurs entreprises font face à une perte de production estimée à plusieurs millions de dollars depuis le début des mouvements de protestation des syndicats, menacent d’aller s’implanter ailleurs. « L’incertitude est à son comble maintenant. C’est pour cette raison que les entreprises coréennes sont en train de se plaindre parce que les pertes sont énormes. Les pertes de Codevi, les pertes de crédibilité, les perte économiques sont énormes », avance Capellan, parlant de régression significative ces derniers jours. « Tous nos clients sont très préoccupés car le travail est à l’arrêt […] Il y a une situation d’incertitude », s’inquiète le businessman dominicain, rappelant qu’aucun investissement ne peut se faire dans un climat d’incertitude. « Le potentiel ici est énorme. Nous ne pouvons pas le détruire avec des mouvements de grève », soutient le patron de Codevi, appelant à épuiser toutes les voies du dialogue, à travers le CSS, avant d’arriver en dernier recours à la grève. Il invite donc, de manière intelligente, les protagonistes à s’asseoir à la table de dialogue pour mettre fin à cette situation d’incertitude. « Il faut augmenter le salaire à cause de la hausse de l’inflation, c’est la solution la plus logique », clame-t-il, prônant un marché de travail pacifique, une compréhension interinstitutionnelle, la fin des conflits pour faire passer les revendications, pour qu’Haïti puisse développer son potentiel « gigantesque ». Quant aux promesses du président de la République d’accompagner le secteur, Fernando Capellan continue à penser que le chef de l’État est bien intentionné et qu’il est disposé à tenir parole. « Je pense qu’avec lui nous pouvons avancer », déclare-t-il. Même si pour l’instant les résultats se font encore attendre. « Il a peu de temps aux commandes », tente de relativiser l’investisseur dominicain, notant que Jovenel Moïse est en train de créer la base pour le développement de la création massive des emplois si nécessaires à Haïti. En attendant, Codevi n’a pas cessé de grandir. « Nous venons d’inaugurer deux nouveaux bâtiments. Une fabrique de casquettes et une autre fabrique de matelas, à côté de la compagnie pour l’impression à sublimation sur toutes sortes de textiles […] Nous sommes en train d’installer beaucoup d’entreprises de la chaîne d’alimentation à Codevi : fabriques d’étiquettes, de sachets plastiques […] », énumère fièrement Fernando Capellan qui est à la tête d’une zone franche à Ouanaminthe qui emploie près de huit mille ouvriers haïtiens.

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